Séminaire « Géographie et sécurité »

Responsable  : Philippe Boulanger
(Professeur à l’Institut français de géopolitique, Université Paris VIII)
En partenariat avec le département de géographie de l’École normale supérieure-Ulm
Airbus Defense and Space

Descriptif

La géographie constitue un outil décisif pour la sécurité nationale et la gestion des crises. Elle est aujourd’hui considérée comme un facteur de connaissances et d’anticipation pour le décideur afin de répondre aux risques et aux menaces qui se sont diversifiés depuis la fin de la Guerre froide. Par définition, elle forme une discipline de synthèse qui intègre à la fois des éléments physiques et humains et s’appuie sur une diversité d’outils. Ceux-ci sont composés d’analyses, comme les études milieux, et de représentations cartographiques dont la qualité s’améliore grâce aux nouvelles technologiques numériques de l’information.

Depuis la fin de la Guerre froide, puis les attentats de New York du 11 septembre 2001, la diversification des menaces et des risques (lutte contre le terrorisme international et les trafics illicites mondialisés par exemple) conduit à valoriser son utilisation. Mais bien d’autres raisons peuvent aussi conduire à l’exploiter de manière plus rigoureuse comme la gestion du maintien de l’ordre public, la prévention contre les incendies, les catastrophes naturelles et technologiques de grande ampleur. Depuis la fin des années 2000, il en résulte non seulement une prise de conscience de sa nécessaire exploitation dans un champ d’action plus étendu par le décideur politique et militaire, mais aussi un renouvellement des moyens d’acquisition de la connaissance et une tendance à améliorer la qualité des analyses.

La géographie occupe une place toujours plus importante dans les services étatiques spécialisés. Elle apporte une analyse et une réflexion dans la planification de crise permettant de réduire les incertitudes et d’organiser les modalités d’action. D’après le Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale (2008), la stratégie de sécurité nationale a « pour objectif de parer aux risques ou menaces susceptibles de porter atteinte à la vie de la nation », de défendre la population et le territoire et d’assurer la contribution de la France à la sécurité européenne et internationale. Elle doit contribuer à la mise en œuvre de la politique de défense face aux risques d’agression, la politique de sécurité intérieure et de politique de sécurité civile pour la protection de la population et des biens, la politique étrangère et la politique économique (p. 62). La création d’un cinquième pilier stratégique « connaissance et anticipation », considérée comme la « première ligne de défense » (p. 66), reconnaît ainsi la nécessaire exploitation des outils et de l’analyse géographique pour répondre aux impératifs de la sécurité nationale. Ce nouveau pilier considère que la « bataille du XXIe siècle se joue d’abord sur le terrain de la connaissance et de l’information, des hommes comme des sociétés » qui couvrent le champ du renseignement, la connaissance des zones d’opérations, l’action diplomatique, la démarche prospective et la maîtrise de l’information. La connaissance des liens entre les sociétés et les territoires, dans leurs dimensions physiques et humaines, représente « l’une des clefs de l’autonomie stratégique » pour le décideur politique et militaire. Comment la connaissance géographique contribue-t-elle à analyser les risques et les menaces dans une dynamique prédictive et à mettre en œuvre de nouveaux moyens technologiques pour les anticiper ?

Plusieurs axes de réflexion seront abordés :

  • La conception de l’analyse géographique pour la sécurité nationale
  • Les outils géographiques au service de la sécurité et de la gestion de crise
  • Les perspectives de développement de l’emploi de la connaissance géographique.

Planning

  • 6 octobre : « L’emploi des outils géographiques en gendarmerie : de l’organisation territoriale à la gestion de crise » par le Général Eric Darras (adjoint du Directeur des Opérations et de l’Emploi de la Gendarmerie Nationale, Ministère de l’Intérieur).
  • 3 novembre : « Géospatial et sécurité » par le Général Jean-Daniel Testé (Directeur du Commandement interarmées de l’espace).
  • 1er décembre : « La géographie et le temps : deux piliers de l’analyse sécuritaire et de la gestion de crise » par Eric Morel (Directeur Défense et sécurité, GeospatialAirbus Defense and Space)
  • 5 janvier : « L’analyse géographique et la gestion des risques au profit de la Défense civile à partir de l’outil Géostorm » par Christian Sommade (Délégué Général du Haut Comité Français pour la Défense Civile)
  • 2 février : « Le soutien géographique et des systèmes d’information géographique au profit de la sécurité à la Préfecture de Police de Paris » par Antoine Fuchs (Pôle SIG-Préfecture de police de Paris).
  • 1er mars : « La géographie au service de la sécurité nationale » par Philippe Larde (Thalès Communications-Security)
  • 5 avril : « Les facteurs (besoins) structurants du développement de la géographie militaire » par le Colonel Philippe Arnaud (Directeur du Bureau Géographie, hydrographie, océanographie et météorologie, Ministère de la défense).
  • 3 mai : « L’utilisation par la gendarmerie de la géographie en gestion de crise » par Lcl Thibault Lucazeault (Direction des opérations, Direction générale de la Gendarmerie nationale, Ministère de l’Intérieur)

Validation  : Assiduité, participation orale et rendu écrit en fin de séminaire
Séances : 6 octobre, 3 novembre, 1e décembre, 5 janvier, 2 février, 1e mars, 5 avril, 3 mai.

Les séances auront lieu le mardi de 17h30 à 19h30 une fois par mois en salle Jean Jaurès (29 rue d’Ulm, niveau -1).