Le Mot de la Direction

Bienvenue sur le site de l’Association des élèves du Master Géopolitique de la Sorbonne et de l’ENS Ulm !

 

La demande de formation à la géopolitique nouvelle ne cesse de croître. L’approche classique tenait surtout à l’opposition politico-militaire entre grandes nations ou entre blocs.

Trois transformations changent la situation et renouvellent la demande d’information et de formation :

La première est la globalisation de l’économie et des cultures. L’international ne se réduit plus à une préoccupation d’états-majors ou de chancelleries, il devient une donnée générale. L’horizon d’un nombre croissant d’acteurs s’internationalise. Les entreprises – et pas seulement les grandes, les ONG, les institutions publiques dédiées à la sécurité ou au développement économique, ont un besoin croissant de connaissance sur des terrains d’intervention qui se déploient désormais à l’échelle du globe. Même les Ministères qui sont a priori éloignés des préoccupations internationales, y sont désormais confrontés : coopération policière et entraide judiciaire (Intérieur, Justice), conduite des opérations militaires en coalition et accélération des rapprochements transnationaux dans l’industrie de défense (Défense, Industrie), emprise de l’OMC (Commerce extérieur, Agriculture…). Plus inattendu, les collectivités locales se sont engagées dans une active coopération décentralisée, avec des montants comparables à l’activité étrangère des ONG françaises.

La deuxième transformation est celle des instabilités, devenues multiformes : prolifération des technologies de destruction massive, conflits ethniques, fondamentalismes religieux, crime organisé, cyber-délinquance etc.

La troisième tient à des modalités de gestion des crises et des territoires d’une complexité inédite. La variété des formes d’instabilité, qui peuvent se conjuguer sur certains territoires en ce qu’Alain Joxe appelle « crises systémiques », appelle des réponses publiques elle-même systémiques qui vont au-delà du seul ressort d’un Etat-nation (notions de gouvernance et de gestion des risques).

Face à ce besoin de connaissance et de formation, le rapport Heisbourg (Rapport au Premier ministre sur L’enseignement et la recherche en relations internationales et affaires stratégiques, 1999) insistait sur la faiblesse quantitative de la formation et de la recherche dévolue à la géopolitique, sur l’éclatement des disciplines et l’insuffisance des échanges entre milieux administratifs et universitaires. Il regrettait le fait que « chaque discipline [ait] tendance à s’ériger en baronnie, la transversalité n’étant que rarement encouragée ».

L’UFR de géographie de Paris 1, appuyé par les autres disciplines de l’université (droit, sciences politiques, histoire, économie, …), contribue à répondre à ce besoin. Son partenaire, l’Ecole Normale Supérieure de la Rue d’Ulm dispose, notamment avec son Centre de Géostratégie, d’un précieux savoir-faire dans ce domaine. Les deux établissements ont mobilisé un réseau de professionnels appartenant au monde public et privé pour monter cette formation.

Outre des enseignements généraux, ce Master met l’accent (I) sur la maîtrise des outils d’analyse spatiale dédiés à la géopolitique, (II) sur la pré-professionnalisation des étudiants à travers le Séminaire, les Ateliers (co-encadrés par un universitaire et un partenaire professionnel), et le stage ou le mémoire de recherche.

 ***